Comment la guérison de Sœur Bernadette Moriau a été reconnue miraculeuse

Les miracles dans la vie sont quotidiens pour qui sait les reconnaître

Le 11 février 2018, l’évêque de Beauvais, Mgr Benoît-Gonnin (France) a déclaré le caractère « prodigieux-miraculeux et la valeur de signe divin de la guérison de Sœur Bernadette Moriau. » Retour sur la procédure qui a abouti à la proclamation officielle du 70e miracle de Lourdes. Un cas d’école.

Comment la guérison de Sœur Bernadette Moriau a été reconnue miraculeuse

Commençons par la fin

La guérison de Sœur Bernadette Moriau, religieuse de la congrégation des franciscaines oblates du Sacré-Coeur de Jésus, intervenue le 11 juillet 2008 après son pèlerinage à Lourdes, et reconnue le 11 février 2018, est officiellement le 70e miracle attribué à l’intercession de Notre-Dame de Lourdes. C’est une joie immense pour toute l’Eglise car « cette guérison nous redit la présence aimante et agissante de Notre Dame dans la vie des fidèles qui, comme elle, veulent se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et la mettre en pratique », explique Mgr Jacques Benoit-Gonnin, l’évêque du diocèse de Beauvais où réside la religieuse.

Le miraculé ne cherche pas le miracle

Sœur Bernadette Moriau est née le 23 septembre 1939 dans le Nord de la France. A 19 ans, elle entre au Couvent de Nantes dans la congrégation des Sœurs franciscaines Oblates du Sacré-Cœur de Jésus. Elle obtint son diplôme d’infirmière en 1965. En 1966, elle a 27 ans lorsque débutent des douleurs  lombo-sciatiques. Quatre interventions chirurgicales et des traitements se succéderont sans bénéfice net. En 1975 elle ne peut plus exercer son métier d’infirmière. Des déficits neurologiques apparaissent en 1987, réduisant nettement son périmètre de marche. Les traitements médicaux se montrent quasi impuissants. Un neurostimulateur médullaire est mis en place en 1992 et elle doit débuter un traitement morphinique en 1994. Des troubles sphinctériens apparaissent dès 1998. Le corset rigide cervico-lombaire porté à partir de 1999 devient permanent. En 2005 son pied gauche se transforme en équin nécessitant une attelle. En juillet 2008, elle participe au Pèlerinage de son diocèse à Lourdes et reçoit le Sacrement des malades. Elle revient dans le même état et même aggravé par la fatigue du voyage. Le 11 juillet 2008, alors qu’au même moment se déroule la procession eucharistique à Lourdes, elle est dans la chapelle de sa Communauté pour une heure d’Adoration. Vers 17h45, elle revit, dans son cœur, un moment fort vécu dans la Basilique Saint Pie X, lors de la bénédiction des malades avec le Saint Sacrement. C’est alors qu’elle ressent une sensation inhabituelle de relâchement et de chaleur dans tout son corps. Elle perçoit comme une voix intérieure qui lui demande d’enlever l’ensemble de ses appareils, corset et attelle. Elle constate alors que son pied est revenu dans sa position normale et qu’elle peut à nouveau le bouger. Tous les troubles sphinctériens disparaissent et elle interrompt le jour même tout traitement anti-douleur ainsi que le neurostimulateur médullaire.

De la guérison au miracle

De nouveaux examens médicaux, des expertises et trois réunions collégiales à Lourdes en 2009, 2013 et 2016, ont permis au Bureau des Constatations Médicales (CMIL) de constater collégialement, le 7 juillet 2016, le caractère imprévu, instantané, complet, durable et inexpliqué de la guérison de Sœur Bernadette Moriau. Le 18 novembre 2016 à Lourdes, lors de sa réunion annuelle, le CMIL (Comité Médical International de Lourdes) confirme « la guérison inexpliquée, dans l’état actuel des connaissances scientifiques ». Le 23 février 2017, l’évêque de Tarbes et Lourdes, co-président du CMIL, envoie une lettre à l’évêque de Beauvais où réside la religieuse, par laquelle il lui transmet les conclusions du CMIL. Le 10 janvier 2018, l’évêque de Beauvais réuni et entend une Commission diocésaine chargée de statuer sur le cas. Observant que la guérison fut soudaine, instantanée, complète, durable et « reste inexpliquée dans l’état actuel de nos connaissances scientifiques », il déclare dans un mandement, le 11 février 2018, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, le caractère « prodigieux-miraculeux et la valeur de signe divin de la guérison de Sœur Bernadette Moriau, obtenue par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Notre-Dame de Lourdes. »

« J’ai demandé la conversion du cœur »

Sœur Bernadette Moriau témoigne: « En février 2008, mon médecin traitant m’invite au pèlerinage diocésain du 3 au 7 juillet. Je n’étais jamais allée à Lourdes en tant que personne malade. Le voyage fut très fatigant, mais peu importe, j’allais à Lourdes avec la joie de tous les pèlerins, puis en 2008, nous fêtions les 150 ans des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette. Nous avons donc mis nos roues dans les pas de Sainte Bernadette, et je garde un souvenir de chaque étape de la démarche jubilaire. Ce pèlerinage a été pour moi source de grâce. Dans la grotte, j’ai ressenti la présence mystérieuse de Marie et de la petite Bernadette. J’ai vécu le sacrement de réconciliation, puis le sacrement des malades qui est une force pour poursuivre le chemin. En aucun cas, je n’ai demandé la guérison, mais la conversion du cœur et la force de poursuivre mon chemin de malade. C’est lors de la procession eucharistique et la bénédiction des malades à la basilique Saint-Pie X que j’ai fait l’expérience de la présence de Jésus qui marche au milieu de nous. »