Mes prisons et leurs premiers lendemains

Plaque d'une rue de Tarbes

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Mgr Théas, évêque de Montauban, qui allait plus tard devenir évêque de Tarbes et Lourdes, a été l’un des quatre évêques arrêtés par l’Occupant. Il a écrit un journal sur cette période trouble de l’histoire de France. Plus qu’un documentaire, « Mes prisons et leurs premiers lendemains », sous-titré « Juin-Décembre 1944 », introduit par le Père Régis-Marie de La Teyssonnière, est un appel à ne jamais baisser les bras dans un monde en proie aux bouleversements.

Mes prisons et leurs premiers lendemains

Les caractéristiques du livre

Titre : Mes prisons et leurs premiers lendemains / Juin- décembre 1944
Auteur : Pierre-Marie Théas, évêque de Montauban puis de Tarbes et Lourdes
Genre : Journal
Présentation : Père Régis-Marie de La Teyssonnière, diocèse de Tarbes et Lourdes
Préface : Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes
Editeur : OnTau
Parution : Octobre 2017
Nombre de pages : 223
Prix : 15 euros

Le livre est en vente à la Librairie du Sanctuaire.

Mes prisons et leurs premiers lendemains

La 4e de couverture

Dès l’été 1942, Mgr Pierre-Marie Théas, évêque de Montauban, dénonce la persécution des Juifs. Parce qu’il appelle au respect de la dignité humaine, il connait la prison de Montauban et de Toulouse, puis l’internement au camp de Compiègne. Son journal, publié ici pour la première fois, couvre ces mois les plus douloureux, mais aussi les plus exaltants, de sa vie : à la suite de saint Pierre et de saint Paul, au cœur même de sa souffrance toujours offerte, l’évêque captif goûte la douce proximité de « son Seigneur et son Dieu ». Dans le souffle de l’Esprit, il en témoigne avec simplicité, en apôtre rayonnant de l’Evangile.

L’avis d’un lecteur

Ce livre est un trésor. « Rédigé dans un style très sobre » comme l’indique le Père de La Teyssonnière, il nous donne de suivre jour après jour celui qui fut l’un des rares évêques résistants au temps de l’occupation allemande. Une résistante pour laquelle il dût payer le prix fort : sa liberté physique, pendant plusieurs mois. Sans pour autant entamer, jamais, sa « liberté intérieure ». Ce qui touche, c’est cette posture spirituelle, sans cesse alimentée par la grâce, qui donne au journal de Mgr Théas la valeur de testament pour notre temps. « Après mon baptême et mon sacerdoce, je considère mon arrestation comme la plus grande grâce de ma vie », déclare l’homme de Dieu. Plus de soixante-dix ans après les faits, son témoignage demeure d’actualité, puisque trop de situations d’oppressions, d’humiliations et de haines continuent de fouetter le visage de notre humanité toujours bafouée par son pire ennemi : l’homme lui-même. La menace et la dépression perdurent ? Alors, plus qu’une œuvre de mémoire (ce qu’elle sont au premier abord), ces pages se révèlent ode à la vie, source d’espérance dans un monde qui a besoin d’être sauvé. Et par voie de conséquence, appel au changement et à la résistance. Nous sommes tous concernés : c’est de sainteté qu’il s’agit. LJ

Ils en parlent

Radio Présence / Emission Vivante Eglise du 29 janvier 2018, présentée par Emmanuel Pellat.  Mgr Théas : un Juste parmi les Nations. Il fut évêque de Montauban pendant le Seconde Guerre mondiale, et l’un des premiers évêques à protester publiquement contre le sort réservé aux Juifs en France. Une protestation qui lui vaudra d’être emprisonné et de frôler la déportation… Après guerre, il eut la confiance du général de Gaulle et du pape Pie XII dans la difficile période de la Libération. Une figure à découvrir. Avec le Père Régis-Marie de la Teyssonnière, chapelain du Sanctuaire de Lourdes, coordinateur de Mes prisons et leurs premiers lendemains paru aux éditions OnTau.
Le podcast de l’émission (56mn)

Famille Chrétienne / Voici une figure de la résistance chrétienne aussi éminente que méconnue. En août 1942, après la rafle du Vel d’hiv, Mgr Pierre-Marie Théas, évêque de Montauban, diffuse dans son diocèse une lettre dénonçant la « barbare sauvagerie » avec laquelle sont traités les juifs : « Tous les hommes, quelles que soient leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États. » De juin à août 1944, il sera fait prisonnier par les Allemands. C’est le journal de cette captivité que publie aujourd’hui le Père Régis-Marie de La Teyssonnière , chapelain du Sanctuaire de Lourdes. Écrites au jour le jour, d’un style simple et rapide, ces pages racontent le quotidien de prisonniers, la promiscuité, la peur, les rencontres avec des croyants ou des « libres-penseurs », chrétiens, juifs, communistes, bien ou mal disposés à son égard. « Dès qu’on se rencontre, on se connaît, on se comprend, on s’aime », note-t-il. Pour lui qui n’a pas quitté sa soutane, l’occasion est trop belle d’évangéliser. À sa libération, le prélat jouera les médiateurs entre le nouveau gouvernement et Rome, rencontrant à plusieurs reprises le général de Gaulle et le pape Pie XII . Le plus frappant dans ces pages est la joie qui les traverse. Les mots joie, merci,  beau, action de
grâce, allégresse reviennent sans cesse. Jamais de ressentiment, mais de l’enthousiasme, de la fraîcheur, de la vigueur, de la jeunesse d’esprit. « Tout est grâce », résume-t-il. CHd’Andigné

Le Petit Journal / Pour l’écriture de ce livre, Régis-Marie de La Teyssonnière s’est plongé, en décembre 2015, dans la vie de Mgr Théas, évêque de Tarbes et Lourdes de 1947 à 1970 mais aussi figure majeure de l’Eglise du XXe siècle. Mgr Théas, né à Barzun en 1894, consacre sa vie à la théologie, ordonné prêtre en 1920, docteur en droit canonique de l’Université grégorienne (1922), professeur de théologie morale et directeur au séminaire de Bayonne et nommé évêque de Montauban (1940) et de Tarbes et Lourdes (1947 à 1970). Mais il est surtout l’un des premiers évêques de France à protester à la suite de la rafle du Vel d’Hiv, ce qui causera son arrestation et son emprisonnement. Ce livre retranscrit les 1300 pages de son journal, écrites plus tard, n’ayant ni papier ni stylo lors de son internement. Le livre se compose de trois parties : d’abord l’arrestation, le voyage et l’internement, puis son action à Paris, en tant que médiateur entre le cardinal et le Général De Gaulle et ses rencontres au Vatican avec les Papes, puis enfin son retour dans le Sud-Ouest, où il sera évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes de 1947 à 1970. Mgr Théas, un homme fort, spirituel, humble et libre dont le souvenir perdure puisqu’une association « Les Amis de Monseigneur Théas » a été créée, à Pau, à l’initiative de Mgr Aillet. Cette association a pour but de promouvoir son souvenir, de rappeler son action et de faire connaître ses écrits et son engagement. CA

Pour aller plus loin

A Montauban, le courage et la fermeté du nouvel évêque, Mgr Pierre-Marie Théas s’affirment lorsque commencent les persécutions contre les juifs. Il fait écho aux écrits audacieux que trace d’une main malhabile le cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, accablé par les infirmités qui le paralysent. La Gestapo n’ose pas porter la main sur le prestigieux vieillard. Il lui paraît plus facile de s’en prendre au jeune évêque de Montauban, son voisin, qui a fait lire en chaire, dans toutes les églises de son diocèse, en août 1942, un texte qui dénonce la persécution contre les juifs.Suite à la rafle du Vel d’Hiv, Mgr Théas a fait lire effectivement à la messe du 30 août 1942 une lettre portée par sa fidèle secrétaire Marie-Rose Gineste sur sa légendaire bicyclette, aujourd’hui déposée au Yad Vashem à Jérusalem: « Des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus grands dangers. Je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères (…) que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des Etats ». Une lettre parallèle de Mgr Saliège d’abord et celle de MgrThéas ensuite, sont vite mondialisées par « Ici Londres » avec la voix de Maurice Schumann d’abord (le 31 août), et de Jean Marin (le 9 Septembre), à la radio anglaise brouillée, mais audible.La Gestapo arrête Mgr Théas le 9 juin 1944 et l’envoie dans un camp de prisonniers, à Compiègne. Il est arrêté en même temps, notamment, que Mgr de Solages (recteur de l’Institut Catholique de Toulouse), Mgr Rodié (évêque d’Agen), Mgr Moussaron (archevêque d’Albi). A Compiègne, l’un des internés, non des moindres, qui jusque-là n’avait guère franchi le seuil d’une église, lui déclare : « Nous attendions un évêque. Vous voici. Merci ». Au milieu de ces hommes qui ont déjà tant souffert et qui craignent d’être envoyés dans des camps de la mort, MgrThéas se veut apôtre de la miséricorde et du pardon. Aussi, un certain dimanche, il propose à ses nouveaux « diocésains » de prier pour leurs geôliers. Sa demande inopinée suscite dans un premier temps des réactions de refus et de révolte qui le marquent profondément. Ce jour-là, il comprend l’urgence de la réconciliation des cœurs. C’est l’origine de sa vocation d’apôtre de la paix. Le 14 juillet 1944, il parvient à prêcher à ses compagnons d’internement une récollection sur le thème de la réconciliation entre les peuples et plus particulièrement entre la France et l’Allemagne. Le 15, il célébre la messe pour ses ennemis : « Voulant mettre en harmonie ma façon d’agir avec la doctrine de l’Evangile, le 15 juillet et le 22 juillet, j’ai célébré la Sainte Messe à l’intention des Allemands et de Hitler. Aimer un ennemi au moment où il fait souffrir, c’est cela être chrétien, car les Allemands faisaient souffrir » écrira-t-il. La Libération de Paris le rend à son diocèse de Montauban. Auparavant, il joue un rôle diplomatique entre le gouvernement provisoire de la République et le Saint-Siège : le général de Gaulle a confiance en cet homme qui a été l’un des rares évêques de France à prendre des positions, pendant la guerre, contraires à la plupart des membres de l’épiscopat.  Mgr Théas rencontre donc le général de Gaulle le 7 septembre 1944. Le chef du Gouvernement provisoire lui demande de se rendre à Rome pour exposer au Pape la situation de la France et négocier le remplacement du nonce apostolique en France. Pour préparer son voyage à Rome, Mgr Théas rencontre à Paris des ministres, des intellectuels et des religieux, entre le 29 octobre et le 11 novembre. Il a un nouvel entretien avec le général de Gaulle. Le 27 novembre 1944, Mgr Théas est à Rome où il s’entretient avec le Pape. En 1946, Mgr Théas reçoit la charge provisoire du diocèse de Tarbes et Lourdes comme administrateur apostolique puis comme évêque. En février 1947, il en devient l’évêque. Il le restera jusqu’à sa démission, pour limite d’âge, en février 1970. Le 8 juillet 1969, Mgr Théas a reçu le titre de « Juste parmi les nations » en même temps que le cardinal Saliège. Il a sa plaque au mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem.