À la suite d’un diagnostic patrimonial approfondi, l’ensemble du chemin de croix des Espélugues révèle un état de conservation préoccupant.
Le Chemin de Croix des Espélugues, situé sur le mont Piédebat, dans le Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, offre une expérience unique, alliant art, spiritualité et nature. Sur un parcours de 1 500 mètres, qui serpente à travers les arbres et les rochers, les 15 stations habitées de 115 personnages en fonte de fer, mesurant en moyenne deux mètres de hauteur, illustrent la Passion du Christ, de sa condamnation par Ponce Pilate à sa mise au tombeau.
Les sculptures présentent d’importantes altérations : fissures structurelles, éléments métalliques oxydés ou perforés, pertes de matière, armatures visibles ainsi que des restaurations anciennes aujourd’hui inadaptées. Les peintures apposées sur les statues sont fortement dégradées, fréquemment écaillées ou altérées par des coulures. Par ailleurs, la présence généralisée de végétation, de mousses et d’humidité affecte durablement les statues, leurs socles et les croix en bois ou en fonte. À ces fragilités s’ajoutent des dégradations d’origine humaine — graffiti, ex-voto et dépôts divers — qui accentuent encore la vulnérabilité de cet ensemble patrimonial unique.
Le chemin de Croix des Espélugues a été commandé en 1912. Sa réalisation a été confiée à la maison Raffl de Paris et à la fonderie Durenne de Sommevoire.
Cette œuvre monumentale, inaugurée sous l’épiscopat de Mgr Schoepfer, a été partiellement endommagée en 1983, suite à une explosion détruisant le personnage de Ponce Pilate de la première station. Aujourd’hui, les stations de ce Chemin de Croix, immergées dans un cadre naturel exceptionnel, invitent à la prière et à la réflexion.
Le Chemin de Croix des Espélugues, unique en son genre, est ainsi un lieu incontournable pour les pèlerins, les amateurs d’art et les passionnés d’histoire.
L’ensemble de ces altérations compromet aujourd’hui tant la stabilité structurelle que la lisibilité du Chemin de Croix. Les infiltrations d’eau, conjuguées au développement de mousses et de micro-organismes, accélèrent la corrosion des éléments métalliques et la dégradation progressive des matériaux.
Le diagnostic préconise une intervention d’envergure, reposant sur une restauration globale : assainissement des ouvrages, consolidations structurelles, suppression des restaurations anciennes inadaptées, mise en protection durable des surfaces et restitution des décors peints au moyen de traitements hydrofuges. Sans une action engagée dans les meilleurs délais, ces altérations pourraient atteindre un stade irréversible.
Compte tenu de la valeur patrimoniale, historique et symbolique exceptionnelle du chemin de croix, toute intervention se doit d’être confiée à des professionnels hautement qualifiés, spécialisés dans la restauration de la sculpture monumentale et de la fonte de fer. Leur savoir-faire est essentiel pour mettre en œuvre des traitements respectueux des matériaux d’origine, durables et réversibles, garants d’une conservation exemplaire. Les restaurations anciennes témoignent des limites et des risques liés à des interventions par des artisans non spécialisés.
Le projet ambitionne d’engager les travaux dès cette année 2026, afin d’enrayer les processus de dégradation et d’assurer la transmission pérenne de ce site emblématique du Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes aux générations futures.
Dossier suivi par Robin Dupont, conservateur du patrimoine du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes

* Rehaussement de la réduction d’impôt pour les dons effectués au profit des associations cultuelles entre le 2 juin 2021 et le 31 décembre 2022 : vote définitif de la mesure dans la loi de finance rectificative n° 2021-953 du 19 juillet 2021. L’article 18 prévoit que le taux de la réduction d’impôt prévue au 1 de l’article 200 du code général des impôts est porté à 75 % pour les dons et versements, y compris l’abandon exprès de revenus ou produits, effectués entre le 2 juin 2021 et le 31 décembre 2022, au profit d’associations cultuelles ou d’établissements publics des cultes reconnus d’Alsace-Moselle. Les versements réalisés en 2021 sont retenus dans la limite de 554 euros. Pour les versements réalisés en 2022, cette limite est relevée dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu de l’année 2021. Le montant obtenu est arrondi, s’il y a lieu, à l’euro supérieur. Il n’est pas tenu compte de ces versements pour l’application de la limite de 20 % du revenu imposable. Précision : ce plafond de 554€ est bien distinct de celui dit “amendement Coluche” qui permet de bénéficier d’une réduction à 75% pour certaines associations caritatives et humanitaires dites « organismes d’aide aux personnes en difficulté ». Il est bien possible de cumuler ces deux avantages.